Libres Ecrits

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  • Mourad BOUZID
    Mourad BOUZID
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    maux croisés
    En hommage à Léo Ferre, ces quelques mots sans prétention, que je dédie à mon ami Alix.

    je t'imagine

    seul, debout à l'avant de la scène
    silhouette obscure aux longs cheveux d'automne
    d'une blancheur floconneuse comme un reflet de lune
    la mitraille dans tes yeux et ton sourire épinglé
    comme une rose rouge à ta boutonnière

    je t'imagine

    petite tignasse crépelée aux yeux couleur de musique
    ta mélodie coule en rigoles sinueuses
    et tes accords plaqués comme une éclaboussure
    tu entonnes brusquement ton ire déclamatoire
    battant le cil comme un oiseau de proie
    tu scande... le verbe dénudé, tes mots sont des brisants
    à suivre à la dérive dans un ressac impitoyable

    je t'imagine...et te fige comme le gel à ma vitre
    mon vieux Léo

    Mourad B.
    This post was modified on 01 Sep 2011 at 11:41 pm.
  • Mourad BOUZID
    Mourad BOUZID
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    Re: maux croisés
    " et pour mieux l'écouter, les mots s'étaient assis"
    Pablo Neruda
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  • Dr. Alix BOUGUERBA
    Dr. Alix BOUGUERBA    Group moderator
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    Re: maux croisés
    Merci Mourad. Ce bel hommage à Léo m'a échappé.
    Et ce n'est qu'au retour à Paris que je suis allé (et pu) chercher le fil;
    "Nous étions ensemble aux premiers rangs ce soir là où subitement dans le déroulé de son texte il dit : JE SUIS UN BÂTARD (en marquant un instant de silence); on entendit alors un flot de ricanements fusant dans la salle du théâtre...
    Il repris alors : VOUS ÊTES TOUS DES BÂTARDS (et là les ricanements cessèrent et il y eu un flop d'étonnement hostile, vieux réflexe méditerranéen...),
    Je me rappelle aussi le crissement de velours que faisait cette femme assise derrière moi, belle, habillée de satin noir, croisant et décroisant ses longues jambes en des cris de jouissances sublimes, pendant que le poète haranguait, et l'haranguait également, en fait."