Libres Ecrits
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Jean Ceuppens(not a XING member)Par Adolphe Poisson. (1849-1922)
Où Vas-Tu?
Où vas-tu donc, cher petit livre,
Si frais, si neuf, si pomponné?
Pourquoi cette fièvre de vivre?
-Je vais rejoindre mon aîné.(1)
Mais demander à chaque porte
Le pain de l'hospitalité,
Oh! sais-tu que c'est dur? - Qu'importe!
Si l'on me place à son côté.
Ne crains-tu point l'indifférence,
Du barde l'ordinaire écueil?
-Grâce à l'aîné, j'ai l'espérance
De recevoir un bon accueil.
Pourtant je crains que ton coeur saigne;
Que tu me reviennes confus...
-En m'adressant à bonne enseigne
J'éviterai bien des refus,
Car mon aîné, leçon de choses,
M'a dit, pour m'épargner l'affront,
Les portes qui resteront closes
Et celles-là qui s'ouvriront.
Qu'on me rebute ou qu'on m'acclame,
Tout bas, je bénirai mon sort,
Pourvu qu'un noble coeur de femme
En me lisant batte plus fort.
À feu l'Honorable P.-J.-O. Chauveau
Vous à qui Dieu pour droit d'aînesse
Avait donné tous les talents,
Qui, prolongeant votre jeunesse
Sous la neige des cheveux blancs,
Mêliez au coeur du vrai poète
L'âme ardente de l'orateur,
Et qui de ma muse discrète
Avez été l'inspirateur;
Qui, sur toute étoile naissante
Saluant votre heureux déclin,
Jetiez d'une main bienfaisante
De votre gloire le trop-plein;
Vous n'êtes plus là pour me dire
Un mot de critique clément,
Mais votre nom, je veux l'inscrire
Au bas de l'humble monument.
- 07 Dec 2011, 5:32 pm
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